Le Paradis – Le Tintoret

Au risque de vous surprendre, les Védas ne considèrent aucune de ces positions comme étant enviable. Et au risque de vous étonner encore davantage, la raison en est qu’ils les tiennent pour autant d’expressions d’une forme d’ignorance à un degré ou à un autre!

Question épineuse s’il en est. D’autant plus que les apôtres de ces différentes positions les défendent farouchement. Et ils ne sont pas les seuls. Car au-delà des croyants, qui adhèrent à une religion prônant l’adoration d’un Dieu tout-puissant; des athées, qui nient l’existence de toute divinité ou réalité métaphysique; et des agnostiques, pour qui tout ce qui dépasse la sphère expérimentale est inconnaissable, il existe des adeptes de plusieurs autres postures en la matière.

Pour n’en citer que quelques exemples, les déistes croient en l’existence d’une divinité ou d’une intelligence supérieure, mais rejettent tous les dogmes et toutes les religions établies. Les panthéistes, eux, prêchent la doctrine selon laquelle Dieu est la somme de tout ce qui existe. Et les sceptiques refusent de se prononcer en faveur ou en défaveur de l’existence d’un Être suprême ou d’une quelconque réalité transcendante faute de preuves matérielles dans un sens ou dans l’autre.

Il existe même plusieurs variantes de chacune de ces positions ou doctrines, mais elles ont toutes en commun de reposer sur nos seules facultés sensorielles et mentales. Même les croyants, qui, au sens propre, acceptent de croire sans preuve, s’appuient sur des postulats historiquement admis par un grand nombre de leurs semblables, un choix émotionnel ou intellectuel qui ne garantit en rien qu’ils aient raison ou tort de souscrire à la bonne parole.

Voies ascendante et descendante

Or, nos sens et les instruments que nous utilisons pour chercher à connaître la vérité sous toutes ses formes sont largement limités et imparfaits. Et même chez les plus grands esprits, nos facultés mentales et intellectuelles sont elles-mêmes déficientes à saisir ce qui dépasse l’entendement des phénomènes physiques.

Par conséquent, les connaissances que nous acquérons par ces voies et par lesquelles nous cherchons à comprendre les multiples dimensions de la réalité, tant sur le plan matériel que sur le plan supramatériel, restent balbutiantes. À preuve, plusieurs prix Nobel et scientifiques de la trempe des Filipenko, Bennett, Turner ou Panek martèlent humblement depuis plus de 20 ans que la science ne connaît et ne comprend plus ou moins que 4% du monde dans lequel nous vivons, et qu’elle n’a absolument aucune idée de ce que recèlent les 96% restants!

Les Védas qualifie cette forme d’acquisition des connaissances de voie «ascendante», en ce que nous cherchons par là à nous hisser jusqu’aux plus hauts sommets du savoir et à découvrir la vérité ultime et absolue à force d’observations et d’expériences, autrement dit «à bout de bras».

Ces mêmes Védas préconisent plutôt la voie dite «descendante» à qui veut accéder au savoir de façon sûre et probante. Tout comme on recommande à quiconque désire maîtriser une science de l’étudier auprès de sommités reconnues en la matière plutôt que de chercher à tâtons à tout apprendre par soi-même.

Au-delà des croyances et des incroyances

C’est que la connaissance de ce qui est hors de portée de nos facultés sensorielles, mentales et intellectuelles, et qui dépasse donc notre entendement, ne peut venir que d’«en haut», autrement dit de personnes qui savent. À plus forte raison en matière de métaphysique et de tout ce qui échappe à nos méthodes expérimentales, les Védas nous invitent à nous tourner vers les âmes réalisées et les maîtres de la sagesse qui en transmettent la science de maître à disciple et de génération en génération depuis les temps les plus reculés.

Car cette science existe. L’homme moderne n’a qu’une vision restreinte de l’histoire du monde et croit tout devoir redécouvrir et réinventer sans savoir que l’univers a déjà traversé de multiples cycles de création et de destruction, et que de grandes civilisations se sont succédées depuis l’aube des temps. Les Védas renferment d’ailleurs depuis des millénaires des connaissances dont la science moderne commence à peine à apprécier la valeur depuis quelques décennies, tout en restant à des années-lumière de pouvoir en apprécier toute l’ampleur, faute de méthodes expérimentales appropriées.

Le savoir absolu est au départ révélé et transmis par voie orale, puis consigné dans des écrits comme les Védas, qui présentent par ailleurs les moyens appropriés pour accéder à ce savoir et pour en faire intimement l’expérience. Les maîtres du savoir et les âmes réalisées n’ont que faire de croyances, d’incroyances ou de limites cognitives. Ils n’ont pas fait qu’acquérir des connaissances théoriques, ils en ont réalisé l’essence par des pratiques conçues pour élargir notre champ perceptuel et élever notre niveau de conscience. Autrement dit, ils voient les choses telles qu’elles sont. Ils perçoivent clairement les aspects aussi bien matériels que supramatériels – ou spirituels – de la réalité, et ils voient distinctement la vérité.

C’est pour cette raison que les Védas tiennent les simples croyances, l’athéisme, l’agnosticisme, le déisme, le scepticisme et tous les autres «ismes» du genre comme autant de manifestations d’ignorance, autrement dit d’un manque flagrant de connaissance. Quant à nous, sachons que nous n’avons pas à nous cantonner à ces positions. Pour peu que nous voulions connaître la vérité et avoir une vision d’ensemble de la réalité, il ne tient qu’à nous de puiser le savoir à une source sûre.

«Cherche à connaître la vérité en approchant un maître spirituel. L’âme réalisée peut te révéler le savoir, car elle a vu la vérité.»
Bhagavad-gita 4.34

Êtes-vous croyant, athée ou agnostique?