Karma

Le mot est passé dans la langue, mais il nous reste parfois en travers de la gorge!

Karma est un mot sanskrit qui se traduit par « action ». Mais comme l’illustre la troisième loi de Newton, toute action entraîne invariablement une réaction proportionnelle, si bien qu’action et réaction sont indissociables. Ainsi le mot en vient-il à désigner la réaction elle-même, soit les conséquences de nos actes.

L’usage ayant souvent pour effet de détourner les mots de leur sens premier, on entend de plus en plus dire d’une personne qu’elle a « un bon karma » ou un « mauvais karma » dans le sens de « tout lui réussit » ou « rien ne lui réussit ». Karma devient presque alors synonyme de « chance », ce qui s’explique sans doute par le fait qu’on a souvent du mal à voir ce qui peut bien valoir à l’intéressé une situation aussi enviable ou un aussi triste sort.

Mais la destinée d’une personne n’est jamais l’effet du hasard, ni d’une quelconque forme de chance ou de malchance. Tout ce qu’une personne vit est en réaction directe à ses actes passés, récents ou éloignés dans le temps, voire dans une vie antérieure. Nous ne faisons que récolter ce que nous avons semé.

À chaque action sa réaction

La loi du karma est universelle et fort complexe. Mais le principe de base n’en demeure pas moins que ce sont nos désirs, nos choix et nos actes qui déterminent notre sort à court, à moyen ou à long terme. Pour nous aider à nuancer la question, la Bhagavad-gita distingue trois grandes catégories d’action.

Le sukarma désigne l’action vertueuse, conforme aux valeurs et aux principes moraux, éthiques et spirituels, donc l’action « bonne », qui entraîne des réactions conséquentes. À l’opposé, le vikarma désigne sans surprise l’action « mauvaise », c’est-à-dire immorale, à l’encontre du bien commun ou de son propre bien, avec son cortège de suites indésirables.

Pour le plus grand bonheur de ceux et celles qui n’aiment pas voir la vie en noir et blanc, il est toutefois possible de s’affranchir des effets du karma, des bons comme des mauvais. Et la solution ne se trouve pas dans l’inaction (nishkarma), mais plutôt dans l’action désintéressée, accomplie dans le détachement des fruits de l’acte. Cette catégorie d’action sans réaction en chaîne est appelée akarma, et elle s’opère par la pratique du karma-yoga dans la conscience de l’Absolu.

Cette dernière forme de karma est celle que privilégient les spiritualistes désireux de se réaliser pleinement et de vivre en harmonie avec leur nature éternelle de manière à mettre fin une fois pour toutes au cycle des morts et des renaissances.

Fort de ce savoir, il se pourrait bien que vous ayez envie de remettre les pendules à l’heure la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un mettre ses problèmes sur le dos du karma…

As-tu fait ton jogging?

Sérieusement, te gardes-tu en forme… spirituellement?

Pour garder la forme, certains font du jogging alors que d’autres vont au gym, font du vélo, jouent au tennis et quoi encore. L’idée est simple et éprouvée : la pratique régulière d’une forme d’activité physique structurée donne de l’énergie, permet de maintenir le corps en santé et aide à avoir les idées claires.

Un point pour le corps. Mais qu’en est-il de l’âme? Si le corps a besoin d’exercice pour être en santé, l’âme n’a-t-elle pas aussi besoin d’une forme d’entraînement pour rester alerte et épanouir sa conscience? La réponse est « oui ».

Si je suis une personne de nature spirituelle vivant dans un corps matériel, il est tout à fait normal et souhaitable que je prenne soin de ce corps : c’est ma demeure, mon chez moi dans cette vie. Mais il est tout aussi normal et impératif que je m’occupe de moi, moi qui vis dans ce corps et qui l’anime.

Si je prends soin de mon corps mais néglige de m’occuper de moi, je vais continuer de m’encrasser dans une conception purement matérielle de l’existence. Je vais continuer à m’identifier à mon corps au point d’en oublier que je suis de nature spirituelle et que je ne suis que de passage dans ce corps. Au point d’en oublier que je suis éternel et que je me trouve dans ce monde comme dans un rêve, en proie à mille et une illusions.

Si je trouve le temps d’accorder à mon corps une heure d’activité physique en plus de ses heures de sommeil, de ses heures de travail, de ses repas quotidiens et de ses moments de détente, ne pourrais-je m’en accorder au moins autant pour me nourrir spirituellement? Je comprends que mon corps a besoin de beaucoup d’attention et de soins, mais je ne dois pas me négliger pour autant.

Allez, un petit effort! Comme pour l’activité physique, le plus dur, c’est de commencer. Après, on ne peut plus s’en passer. Êtes-vous plus matin ou soir? Préférez-vous la lecture ou la méditation? Pourquoi pas les mantras, les contenus audio ou vidéo inspirants et instructifs? Sans parler des lieux de recueillement ou de célébration en groupe. Je vous laisse le choix des armes. L’important, c’est que vous vous occupiez de vous. Je peux vous assurer que vous y trouverez une satisfaction et un plaisir insoupçonnés et sans cesse renouvelés.

La triade divine

Vous vous demandez encore si Dieu existe? Cessez, de grâce, de vous torturer les méninges.

Les Védas n’abordent même pas la question. Il n’y est pas non plus question de Dieu dans le sens confessionnel où nous l’entendons généralement. On y part plutôt du principe fondamental et universel que toute énergie a une source, que tout effet a une cause et que tout ce qui existe a une origine. Et on y désigne globalement l’origine des origines, la cause première de toutes les causes et la source primordiale de toutes les énergies du nom d’Absolu.

Voilà un mot qui, en soi, définit bien le Grand Tout – ce qu’on aime aujourd’hui appeler l’Univers, la Lumière ou le Verbe –, c’est-à-dire la réalité transcendante qui dépasse notre entendement mais dont la présence se fait partout sentir sous une forme ou une autre.

Et comme les Védas ne sont jamais avares d’explications, ils nous amènent à mieux saisir cet Absolu en précisant qu’il peut être perçu sous trois aspects :

vadanti tat tattva-vidas tattvaṁ yaj jñānam advayam
brahmeti paramātmeti bhagavān iti śabdyate

« Les doctes sages qui connaissent la Vérité absolue nomment cette essence indivisible Brahman, Paramatma ou Bhagavan. »

(Shrimad-Bhagavatam, 1.2.11)

Brahman désigne l’aspect impersonnel de l’Absolu, son omniprésence diffuse et rayonnante à travers le monde qui nous entoure, telle la lumière du soleil qui tout pénètre. La perception de cet aspect impersonnel de l’Absolu se reflète souvent dans l’émerveillement que suscitent les beautés de la nature ou l’immensité de l’espace.

Paramatma désigne l’aspect localisé de l’Absolu, présent en chaque être et en toutes choses, jusque dans l’atome. Vous avez déjà entendu l’expression « Dieu est en chacun de nous »? Eh bien, c’est du Paramatma qu’il s’agit, de cette manifestation de l’Absolu qui assure l’équilibre des forces de l’univers et qui nous guide de l’intérieur – pour peu qu’on y porte attention. On y fait parfois référence comme « la petite voix qui nous parle », ou encore « la voix de la conscience ».

Quant à Bhagavan, il s’agit de l’aspect personnel de l’Absolu, incarnant l’éternité, la connaissance et la félicité par excellence, avec qui chaque être entretient une relation intime selon une variété de saveurs allant de l’aversion la plus profonde à l’amour le plus sublime. Bhagavan désigne l’Absolu comme l’expression vivante de toutes les perfections. Chaque être possède la beauté, la richesse, la force, la renommée, le savoir et le détachement dans une certaine mesure. Mais l’Absolu dans son aspect personnel se définit comme l’Être suprême, ou encore le Bienheureux, qui possède tous ces attributs dans la plus complète et la plus parfaite des mesures.

La trilogie divine désigne donc en fait un Absolu unique et indivisible, mais manifeste et perceptible sous trois aspects distincts, selon le degré de réalisation de ceux et celles qui cherchent à le saisir.

All you need is love

Traduction d’un extrait d’entretien entre le poète Allen Ginsberg
et A. C. Bhaktivedanta Swami le 12 mai 1969.

Allan Ginsberg : Différents groupes prétendent que seule leur religion permet d’atteindre le salut.

A. C. Bhaktivedanta Swami : Toutes les religions sont bienvenues. Nous n’en rejetons aucune. Religion ou pas, le point est que l’Absolu, ou Dieu, est amour, et que l’amour est infiniment attrayant. Nous sommes tous naturellement attirés par l’amour – à plus forte raison dans sa forme absolue –, tout comme le fer est irrésistiblement attiré par l’aimant… à condition de ne pas être rouillé! Si nous ne sommes pas attirés par l’Infiniment attrayant, c’est que nous sommes rouillés, c’est-à-dire conditionnés par notre attachement aux promesses illusoires du monde qui nous entoure.

La véritable religion est celle qui nous débarrasse de cette rouille et qui ravive notre amour pour Dieu. Que vous l’appeliez Allah, Krishna, Govinda, Bouddha ou Jéhovah n’a aucune importance. L’important, c’est que votre religion, quelle qu’elle soit, vous amène à développer l’amour suprême. Tous les gens devraient apprendre à aimer, car c’est là que réside la perfection de l’existence.

Mantra

Un pouvoir insoupçonné au bout des lèvres!

Mantra est un mot sanskrit composé de deux éléments : mana (mental) et tra (protection ou délivrance). Souvent décrit comme une forme d’incantation sacrée, mystique, ésotérique ou même magique, le mantra est à proprement parler une formule qui a le pouvoir de libérer le mental de ses tourments, de ses angoisses et de ses illusions.

Selon les Védas, certaines vibrations sonores – comme les mantras – permettent de s’élever au-delà des plans sensoriel, mental et intellectuel pour accéder au plan spirituel et à un état de conscience à la fois libérateur et clairvoyant.

Souvent utilisé comme support de méditation, le mantra favorise grandement la concentration grâce à la répétition mélodique et rythmée des sons qui le composent. Tantôt scandé, tantôt murmuré et tantôt chanté, il plonge instantanément celui ou celle qui le prononce attentivement dans un état second qui s’apparente à une sorte de transe.

La pratique assidue d’un mantra confère une grande lucidité et une grande paix d’esprit. Elle chasse par ailleurs aisément le stress, les états dépressifs, les idées noires et les frustrations, et permet de prendre un recul salutaire dans bon nombre de situations de tous les jours. Son plus grand bienfait réside toutefois dans son pouvoir d’éveil à notre nature spirituelle et dans sa capacité à nous rapprocher de l’Absolu.

Mode d’emploi

Les mantras se récitent seul ou en groupe, en tout lieu, à tout moment de la journée et selon une durée qui peut varier de quelques instants à plusieurs heures. Chantés, ils s’accompagnent souvent d’instruments de musique. Quant à ceux qui les entonnent en privé comme support méditatif, ils utilisent parfois une sorte de chapelet pour accentuer leur concentration et garder le compte des répétitions.

La répétition d’un mantra a un double impact. D’abord, en instaurant une discipline : en fixant au préalable le nombre de mantras à psalmodier, on se prédispose à décrocher de tout le reste pour se concentrer pleinement sur le précieux moment spirituel qu’on s’accorde. Ensuite, la force du nombre : plus les séances se prolongent, plus l’absorption libératrice s’accentue.

L’exercice peut se faire debout ou assis, les yeux ouverts ou fermés, dans une pièce réservée à cette fin, en pleine nature (où l’intensité du regard contemplatif peut aussi favoriser la concentration) ou en tout autre endroit jugé propice; et aussi bien en restant immobile qu’en marchant ou en dansant. Les malades peuvent même le faire dans leur lit, et les prisonniers dans leur cellule! Si les mantras qui ponctuaient les rites sacrificiels d’antan étaient régis par des règles très strictes, la pratique actuelle d’un mantra dans le contexte d’une démarche de développement personnel n’est en effet soumise à aucune contrainte.

Il existe une infinité de mantras. Certains favorisent une méditation impersonnelle alors que d’autres se veulent des hymnes de louanges et des canaux d’échanges directs avec le Suprême. Pour ceux que la chose intéresse, la Kali-santarana Upanishad et le Brihan-naradiya Purana préconisent tous deux pour l’époque à laquelle nous vivons le chant ou la récitation de ce qu’ils appellent « le grand mantra de la transcendance » ou « le mantra par excellence », soit le maha-mantra :

hare krishna hare krishna
krishna krishna hare hare
hare rama hare rama
rama rama hare hare

Par excellence, parce que considéré comme le moyen le plus facile et le plus efficace de se réaliser spirituellement de nos jours. Comme je l’explique dans Vivre ma spiritualité aujourd’hui, c’est aussi mon mantra favori du fait qu’il invoque l’Absolu dans son principe aussi bien féminin que masculin et qu’il relie toutes les énergies à leur source.

Sinon, toutes les traditions spirituelles ou religieuses préconisent des formules sacrées, des soutras, des psaumes, des chants, des prières ou des sourates propres à accompagner les moments de recueillement, de réflexion, de gratitude ou de glorification. L’important dans tout ça, c’est de renouer avec Soi et avec le Divin.

Un philosophe peut en cacher un autre

Pythagore • Socrate • Thalès de Milet • Aristote • Platon • Zénon d’Élée


Et si les philosophes grecs n’avaient pas inventé la roue?

On s’entend généralement pour dire que toutes les philosophies occidentales découlent, dérivent ou s’inspirent des voies tracées par les augustes penseurs de la Grèce antique, souvent considérée comme le berceau de la civilisation. Ce que peu de gens savent, cependant, c’est que les grands philosophes grecs puisaient eux-mêmes à la pensée védique!

Chez les Anciens, la philosophie était la science du savoir. Le mot tire d’ailleurs son étymologie du grec philo (amour) et sophia (sagesse). Cet « amour de la sagesse » donne lieu à une quête de vérité qui suscite de temps immémorial diverses conceptions de la causalité et de la finalité des êtres et des choses.

Ainsi les Védas millénaires détaillent-ils six philosophies primordiales, ou « visions du monde » (darshanas), promulguées par autant de sages dont les approches se chevauchent et se complètent jusqu’à fournir une compréhension globale du visible et de l’invisible :

La philosophie du nyaya, promulguée par Gautama, repose sur l’analyse logique, le raisonnement et la rhétorique pour appréhender la réalité. Elle définit les règles du débat relatif aux thématiques essentielles et existentielles du monde physique, du monde vivant et de l’Absolu.

La philosophie du vaisheshika, promulguée par Kanada, s’appuie sur les procédés du nyaya pour cerner systématiquement les caractéristiques qui différencient les concepts, classifiés en six catégories ontologiques : les substances, les propriétés, les activités, les substrats, les singularités et les inhérences. Les lois atomiques y sont tenues pour être la cause de la création et le fondement de toutes les catégories métaphysiques de la réalité.

La philosophie du sankhya, promulguée par Kapila, élargit le processus analytique du vaisheshika pour approfondir et synthétiser la connaissance de la matière et de l’esprit, des éléments les plus subtils aux plus grossiers, jusqu’à distinguer l’âme de la matière au sein de laquelle elle évolue. La Nature est alors tenue pour être la cause de tout ce qui existe.

La philosophie du yoga, promulguée par Patañjali, identifie plus clairement l’esprit à l’âme, décrite comme étant de nature spirituelle. Elle promeut le développement de la conscience de son identité intime et de la présence d’une manifestation de l’Absolu en chaque être et en chaque chose par l’application d’exercices mécaniques et de techniques méditatives.

La philosophie du mimamsa, promulguée par Jaimini, ne se préoccupe pas directement de la nature de l’être et de la matière comme les écoles de pensée qui précèdent. L’action et ses résultats sont tout ce qui compte. Elle prône donc une adhésion rigoureuse aux pratiques rituelles qui encadrent l’action intéressée et favorisent l’accomplissement fructueux des devoirs dévolus à chacun selon son rang et son statut.

La philosophie du védanta, promulguée par Vyasadeva, comble les failles des cinq philosophies antérieures et marque l’aboutissement de la sagesse des Upaniṣads. Elle priorise la pleine réalisation de soi en lien avec la conscience de l’Absolu et de ses différentes énergies, aussi bien matérielles que spirituelles.

Et les Grecs, dans tout ça?

Des historiens et des indianistes britanniques, français et allemands ont découvert que les six grandes écoles philosophiques des Védas étaient bien connues, étudiées et hautement respectées en Grèce antique. Les travaux exhaustifs du professeur Richard von Garbe de l’Université de Konigsberg ont même permis d’établir, à la fin du 19e siècle, qu’Aristote était un adepte de la philosophie du nyaya de Gautama, que Thalès était un adepte de la philosophie du vaisheshika de Kanada, que Pythagore était un adepte de la philosophie du sankhya de Kapila, que Zénon était un adepte de la philosophie du yoga de Patañjali, que Socrate était un adepte de la philosophie du mimamsa de Jaimini, et que Platon était un adepte de la philosophie du védanta de Vyasadeva.

Il en est ressorti que c’était en grande partie sous l’influence des écoles de pensée védiques que s’étaient par la suite articulées les philosophies modernes dans le sillage des Grecs.

J’te l’dis! J’te crois pas. J’te l’dis!

Conversation entre jumeaux dans le ventre de leur mère
(adaptation d’un texte de Jean-Jacques Charbonier).


« Tu crois vraiment qu’il y a une vie après la naissance?

— Bien sûr! C’est évident qu’il y a une vie après la naissance. Nous sommes ici pour nous préparer à ce que nous serons plus tard.

— Pfffff… Complètement ridicule! Il n’y a rien après la naissance. À quoi pourrait bien ressembler la vie en dehors d’ici?

— Je ne sais pas exactement, mais il y aura sûrement plus de lumière qu’ici, et sans doute plein d’expériences à vivre. Peut-être même marcherons-nous avec nos jambes et mangerons-nous avec notre bouche.

— N’importe quoi! Ne vois-tu pas qu’il est impossible de marcher? Que dire de manger avec notre bouche? C’est le cordon ombilical qui nous nourrit. Et vu sa longueur, nous ne pourrions pas aller bien loin en sortant d’ici. Tes histoires ne tiennent pas debout.

— Mais je suis sûr qu’il y a quelque chose de « l’autre côté », quelque chose de différent de ce à quoi nous sommes habitués ici.

— Réveille-toi, enfin! Personne n’est jamais revenu de « l’autre côté ». La vie n’est que flottement et ballottement dans le noir, et elle se termine à la naissance.

— Je ne peux rien prouver, mais il me semble tout à fait naturel que nous voyions maman et qu’elle veille sur nous en sortant d’ici.

— Maman? Tu veux dire que tu crois en maman? Tu es vraiment plus naïf que je pensais… Où se trouve-t-elle donc, cette maman?

— Mais partout, tout autour de nous! Ne le vois-tu pas? Nous sommes en elle, et c’est à elle que nous devons la vie. Sans elle, rien de tout cela n’existerait et nous ne serions pas là!

— Pure sottise! Je n’ai jamais vu de maman. Il est donc clair pour moi qu’elle n’existe pas.

— Quoi que tu en penses, il m’arrive parfois, lorsque tout est calme, d’entendre sa voix. Je peux même sentir sa main qui caresse notre monde… Je suis de plus en plus sûr que la vraie vie nous attend après la naissance, et que nous sommes seulement en train de nous y préparer.

— … »

L’aventure vous attend!

On peut bien sûr vivre sa spiritualité chez soi, mais on peut aussi élargir ses horizons et enrichir son expérience au-delà des frontières de son quotidien. Et ce beau livre des éditions Guides de voyage Ulysse nous donne 50 raisons de le faire.

Dans la Bhagavad-gita, Krishna lui-même dit : « Je suis l’aventure. », et une façon parmi d’autres de vivre sa spiritualité aujourd’hui consiste précisément à puiser l’inspiration divine en des lieux réputés et fréquentés de longue date pour l’énergie spirituelle qui s’en dégage. Une destination de voyage peut ainsi devenir une occasion de ressourcement pour l’âme.

Les auteures de Voyages spirituels ont sélectionné pour nous 50 itinéraires autour du monde. Temples hindous, monastères bouddhistes, cathédrales chrétiennes, lieux sacrés autochtones, sites méditatifs…, il y en a pour tous les goûts.

Chaque itinéraire détaillé s’agrémente de courts textes qui en mettent les points forts en lumière sur le plan spirituel, mais aussi historique, architectural, artistique ou géographique, le tout abondamment et richement illustré dans un format facile et agréable à consulter.

Vous y trouverez bien sûr des incontournables comme le Vatican et le Taj Mahal, de même que des pèlerinages dont la réputation n’est plus à faire, que ce soit à Sainte-Anne-de-Beaupré ou à Compostelle, mais aussi des dizaines de hauts lieux de la spiritualité dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler, et ce, aussi bien au Québec qu’en Inde, en Europe, au Japon ou en Amérique du Sud!

Le tourisme n’est plus ce qu’il était. De plus en plus de gens recherchent des destinations de voyage hors des sentiers battus, s’offrent des vacances d’exploration en région sauvage, préfèrent participer à un projet humanitaire en pays défavorisé, ou profiter d’un décrochage scolaire ou professionnel pour découvrir les mille et un horizons spirituels de la planète. C’est dans ce contexte aux possibilités sans fin que s’inscrit Voyages spirituels, dont les itinéraires de 5 à 18 jours peuvent s’effectuer en vase clos, ou jumelés à d’autres intérêts. Libre à chacun de composer son panaché!

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Toutes les personnes abonnées à mon blogue (Me suivre) en date du
13 décembre courrons la chance de gagner ce magnifique livre grand format gracieusement offert par les éditions Guides de voyage Ulysse.

Pour multiplier par 5 vos chances de gagner,
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Le tirage aura lieu le 13 décembre
et le nom du gagnant ou de la gagnante sera annoncé ici même.

Bonne chance!

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Je n’ai pas d’âme

Mais ne vous en faites pas pour moi. Tout va très bien.

Si vous croyez que l’âme est un mythe, ma déclaration ne vous surprend pas du tout. Mais si vous êtes de ceux et celles qui parlez volontiers de « vieille âme » et d’« âme sœur », vous vous demandez sans doute comment une personne ayant toutes ses facultés peut dire une chose pareille. Quoi qu’il en soit, je persiste et je signe : je n’ai pas d’âme. Et si je n’ai pas d’âme, c’est pour la simple et bonne raison que je suis une âme.

Avoir et être n’ont jamais été plus distincts l’un de l’autre!

L’âme dont je parle, c’est l’atma, le soi. C’est l’anima, l’entité qui anime le corps. C’est la psyché des Grecs, l’unité personnelle de l’être. C’est l’observateur et le témoin des métaphysiciens. C’est l’atome d’antimatière qui donne forme à la matière. C’est l’étincelle de vie sans laquelle toutes nos cellules meurent et deviennent inertes.

Le nom importe peu; ce qu’on appelle communément l’âme, c’est la personne vivante et consciente. Point final. Pourquoi lui attribuer une appellation particulière? Pour la distinguer du corps et des éléments grossiers et subtils dont il se compose. Car le corps et l’âme sont aussi distincts l’un de l’autre que le sont avoir et être.

Mais encore?

On entend et on lit des phrases du genre : « Prenez soin de votre âme », ou « Faites du bien à votre âme ». Mais à qui s’adresse-t-on au juste? Si le corps, ses organes et son cerveau s’éteignent lorsque la vie les quitte, qui est donc cette personne qui possède une âme? Et de quelle nature est cette âme si elle n’est ni la personne elle-même ni le corps dans lequel elle se trouve?

Nous sommes tellement conditionnés à nous identifier au corps que nous habitons que même les personnes informées de la véritable nature de l’âme se laissent prendre à parler de « leur » âme.

En quoi sommes-nous distincts de notre corps? La Bhagavad-gita, les Upanishads et les Puranas l’expliquent en détail. Mais qu’il suffise ici de dire que l’âme est de nature spirituelle et éternelle. Elle ne partage aucun attribut avec la matière et elle ne meurt pas avec le corps.

Utile précision

C’est la nature spirituelle de l’âme qui fait qu’elle donne vie au corps, car seule l’énergie spirituelle peut animer la matière; aucune forme d’énergie matérielle ni aucun assemblage d’éléments physiques ne peut donner la vie, ni la ressusciter. Et c’est la nature éternelle de l’âme qui fait que, pendant son séjour dans le corps, elle se voit intuitivement vivre pour toujours, alors que cette perspective est impensable dans un corps périssable.

La vie ne peut venir que du vivant. Seule l’âme vivante peut donner vie aux éléments matériels, et seule l’âme consciente peut posséder un mental et une intelligence. N’y a-t-il pas lieu d’insister sur la distinction entre avoir et être pour mieux comprendre qui nous sommes vraiment?

À toutes fins utiles, si vous me parlez de « votre » âme, je ne vous en voudrai pas. Mais ne soyez pas surpris.e si je vous demande qui parle au juste.