All you need is love

Traduction d’un extrait d’entretien entre le poète Allen Ginsberg
et A. C. Bhaktivedanta Swami le 12 mai 1969.

Allan Ginsberg : Différents groupes prétendent que seule leur religion permet d’atteindre le salut.

A. C. Bhaktivedanta Swami : Toutes les religions sont bienvenues. Nous n’en rejetons aucune. Religion ou pas, le point est que l’Absolu, ou Dieu, est amour, et que l’amour est infiniment attrayant. Nous sommes tous naturellement attirés par l’amour – à plus forte raison dans sa forme absolue –, tout comme le fer est irrésistiblement attiré par l’aimant… à condition de ne pas être rouillé! Si nous ne sommes pas attirés par l’Infiniment attrayant, c’est que nous sommes rouillés, c’est-à-dire conditionnés par notre attachement aux promesses illusoires du monde qui nous entoure.

La véritable religion est celle qui nous débarrasse de cette rouille et qui ravive notre amour pour Dieu. Que vous l’appeliez Allah, Krishna, Govinda, Bouddha ou Jéhovah n’a aucune importance. L’important, c’est que votre religion, quelle qu’elle soit, vous amène à développer l’amour suprême. Tous les gens devraient apprendre à aimer, car c’est là que réside la perfection de l’existence.

Mantra

Un pouvoir insoupçonné au bout des lèvres!

Mantra est un mot sanskrit composé de deux éléments : mana (mental) et tra (protection ou délivrance). Souvent décrit comme une forme d’incantation sacrée, mystique, ésotérique ou même magique, le mantra est à proprement parler une formule qui a le pouvoir de libérer le mental de ses tourments, de ses angoisses et de ses illusions.

Selon les Védas, certaines vibrations sonores – comme les mantras – permettent de s’élever au-delà des plans sensoriel, mental et intellectuel pour accéder au plan spirituel et à un état de conscience à la fois libérateur et clairvoyant.

Souvent utilisé comme support de méditation, le mantra favorise grandement la concentration grâce à la répétition mélodique et rythmée des sons qui le composent. Tantôt scandé, tantôt murmuré et tantôt chanté, il plonge instantanément celui ou celle qui le prononce attentivement dans un état second qui s’apparente à une sorte de transe.

La pratique assidue d’un mantra confère une grande lucidité et une grande paix d’esprit. Elle chasse par ailleurs aisément le stress, les états dépressifs, les idées noires et les frustrations, et permet de prendre un recul salutaire dans bon nombre de situations de tous les jours. Son plus grand bienfait réside toutefois dans son pouvoir d’éveil à notre nature spirituelle et dans sa capacité à nous rapprocher de l’Absolu.

Mode d’emploi

Les mantras se récitent seul ou en groupe, en tout lieu, à tout moment de la journée et selon une durée qui peut varier de quelques instants à plusieurs heures. Chantés, ils s’accompagnent souvent d’instruments de musique. Quant à ceux qui les entonnent en privé comme support méditatif, ils utilisent parfois une sorte de chapelet pour accentuer leur concentration et garder le compte des répétitions.

La répétition d’un mantra a un double impact. D’abord, en instaurant une discipline : en fixant au préalable le nombre de mantras à psalmodier, on se prédispose à décrocher de tout le reste pour se concentrer pleinement sur le précieux moment spirituel qu’on s’accorde. Ensuite, la force du nombre : plus les séances se prolongent, plus l’absorption libératrice s’accentue.

L’exercice peut se faire debout ou assis, les yeux ouverts ou fermés, dans une pièce réservée à cette fin, en pleine nature (où l’intensité du regard contemplatif peut aussi favoriser la concentration) ou en tout autre endroit jugé propice; et aussi bien en restant immobile qu’en marchant ou en dansant. Les malades peuvent même le faire dans leur lit, et les prisonniers dans leur cellule! Si les mantras qui ponctuaient les rites sacrificiels d’antan étaient régis par des règles très strictes, la pratique actuelle d’un mantra dans le contexte d’une démarche de développement personnel n’est en effet soumise à aucune contrainte.

Il existe une infinité de mantras. Certains favorisent une méditation impersonnelle alors que d’autres se veulent des hymnes de louanges et des canaux d’échanges directs avec le Suprême. Pour ceux que la chose intéresse, la Kali-santarana Upanishad et le Brihan-naradiya Purana préconisent tous deux pour l’époque à laquelle nous vivons le chant ou la récitation de ce qu’ils appellent « le grand mantra de la transcendance » ou « le mantra par excellence », soit le maha-mantra :

hare krishna hare krishna
krishna krishna hare hare
hare rama hare rama
rama rama hare hare

Par excellence, parce que considéré comme le moyen le plus facile et le plus efficace de se réaliser spirituellement de nos jours. Comme je l’explique dans Vivre ma spiritualité aujourd’hui, c’est aussi mon mantra favori du fait qu’il invoque l’Absolu dans son principe aussi bien féminin que masculin et qu’il relie toutes les énergies à leur source.

Sinon, toutes les traditions spirituelles ou religieuses préconisent des formules sacrées, des soutras, des psaumes, des chants, des prières ou des sourates propres à accompagner les moments de recueillement, de réflexion, de gratitude ou de glorification. L’important dans tout ça, c’est de renouer avec Soi et avec le Divin.

Un philosophe peut en cacher un autre

Pythagore • Socrate • Thalès de Milet • Aristote • Platon • Zénon d’Élée


Et si les philosophes grecs n’avaient pas inventé la roue?

On s’entend généralement pour dire que toutes les philosophies occidentales découlent, dérivent ou s’inspirent des voies tracées par les augustes penseurs de la Grèce antique, souvent considérée comme le berceau de la civilisation. Ce que peu de gens savent, cependant, c’est que les grands philosophes grecs puisaient eux-mêmes à la pensée védique!

Chez les Anciens, la philosophie était la science du savoir. Le mot tire d’ailleurs son étymologie du grec philo (amour) et sophia (sagesse). Cet « amour de la sagesse » donne lieu à une quête de vérité qui suscite de temps immémorial diverses conceptions de la causalité et de la finalité des êtres et des choses.

Ainsi les Védas millénaires détaillent-ils six philosophies primordiales, ou « visions du monde » (darshanas), promulguées par autant de sages dont les approches se chevauchent et se complètent jusqu’à fournir une compréhension globale du visible et de l’invisible :

La philosophie du nyaya, promulguée par Gautama, repose sur l’analyse logique, le raisonnement et la rhétorique pour appréhender la réalité. Elle définit les règles du débat relatif aux thématiques essentielles et existentielles du monde physique, du monde vivant et de l’Absolu.

La philosophie du vaisheshika, promulguée par Kanada, s’appuie sur les procédés du nyaya pour cerner systématiquement les caractéristiques qui différencient les concepts, classifiés en six catégories ontologiques : les substances, les propriétés, les activités, les substrats, les singularités et les inhérences. Les lois atomiques y sont tenues pour être la cause de la création et le fondement de toutes les catégories métaphysiques de la réalité.

La philosophie du sankhya, promulguée par Kapila, élargit le processus analytique du vaisheshika pour approfondir et synthétiser la connaissance de la matière et de l’esprit, des éléments les plus subtils aux plus grossiers, jusqu’à distinguer l’âme de la matière au sein de laquelle elle évolue. La Nature est alors tenue pour être la cause de tout ce qui existe.

La philosophie du yoga, promulguée par Patañjali, identifie plus clairement l’esprit à l’âme, décrite comme étant de nature spirituelle. Elle promeut le développement de la conscience de son identité intime et de la présence d’une manifestation de l’Absolu en chaque être et en chaque chose par l’application d’exercices mécaniques et de techniques méditatives.

La philosophie du mimamsa, promulguée par Jaimini, ne se préoccupe pas directement de la nature de l’être et de la matière comme les écoles de pensée qui précèdent. L’action et ses résultats sont tout ce qui compte. Elle prône donc une adhésion rigoureuse aux pratiques rituelles qui encadrent l’action intéressée et favorisent l’accomplissement fructueux des devoirs dévolus à chacun selon son rang et son statut.

La philosophie du védanta, promulguée par Vyasadeva, comble les failles des cinq philosophies antérieures et marque l’aboutissement de la sagesse des Upaniṣads. Elle priorise la pleine réalisation de soi en lien avec la conscience de l’Absolu et de ses différentes énergies, aussi bien matérielles que spirituelles.

Et les Grecs, dans tout ça?

Des historiens et des indianistes britanniques, français et allemands ont découvert que les six grandes écoles philosophiques des Védas étaient bien connues, étudiées et hautement respectées en Grèce antique. Les travaux exhaustifs du professeur Richard von Garbe de l’Université de Konigsberg ont même permis d’établir, à la fin du 19e siècle, qu’Aristote était un adepte de la philosophie du nyaya de Gautama, que Thalès était un adepte de la philosophie du vaisheshika de Kanada, que Pythagore était un adepte de la philosophie du sankhya de Kapila, que Zénon était un adepte de la philosophie du yoga de Patañjali, que Socrate était un adepte de la philosophie du mimamsa de Jaimini, et que Platon était un adepte de la philosophie du védanta de Vyasadeva.

Il en est ressorti que c’était en grande partie sous l’influence des écoles de pensée védiques que s’étaient par la suite articulées les philosophies modernes dans le sillage des Grecs.

J’te l’dis! J’te crois pas. J’te l’dis!

Conversation entre jumeaux dans le ventre de leur mère
(adaptation d’un texte de Jean-Jacques Charbonier).


« Tu crois vraiment qu’il y a une vie après la naissance?

— Bien sûr! C’est évident qu’il y a une vie après la naissance. Nous sommes ici pour nous préparer à ce que nous serons plus tard.

— Pfffff… Complètement ridicule! Il n’y a rien après la naissance. À quoi pourrait bien ressembler la vie en dehors d’ici?

— Je ne sais pas exactement, mais il y aura sûrement plus de lumière qu’ici, et sans doute plein d’expériences à vivre. Peut-être même marcherons-nous avec nos jambes et mangerons-nous avec notre bouche.

— N’importe quoi! Ne vois-tu pas qu’il est impossible de marcher? Que dire de manger avec notre bouche? C’est le cordon ombilical qui nous nourrit. Et vu sa longueur, nous ne pourrions pas aller bien loin en sortant d’ici. Tes histoires ne tiennent pas debout.

— Mais je suis sûr qu’il y a quelque chose de « l’autre côté », quelque chose de différent de ce à quoi nous sommes habitués ici.

— Réveille-toi, enfin! Personne n’est jamais revenu de « l’autre côté ». La vie n’est que flottement et ballottement dans le noir, et elle se termine à la naissance.

— Je ne peux rien prouver, mais il me semble tout à fait naturel que nous voyions maman et qu’elle veille sur nous en sortant d’ici.

— Maman? Tu veux dire que tu crois en maman? Tu es vraiment plus naïf que je pensais… Où se trouve-t-elle donc, cette maman?

— Mais partout, tout autour de nous! Ne le vois-tu pas? Nous sommes en elle, et c’est à elle que nous devons la vie. Sans elle, rien de tout cela n’existerait et nous ne serions pas là!

— Pure sottise! Je n’ai jamais vu de maman. Il est donc clair pour moi qu’elle n’existe pas.

— Quoi que tu en penses, il m’arrive parfois, lorsque tout est calme, d’entendre sa voix. Je peux même sentir sa main qui caresse notre monde… Je suis de plus en plus sûr que la vraie vie nous attend après la naissance, et que nous sommes seulement en train de nous y préparer.

— … »

L’aventure vous attend!

On peut bien sûr vivre sa spiritualité chez soi, mais on peut aussi élargir ses horizons et enrichir son expérience au-delà des frontières de son quotidien. Et ce beau livre des éditions Guides de voyage Ulysse nous donne 50 raisons de le faire.

Dans la Bhagavad-gita, Krishna lui-même dit : « Je suis l’aventure. », et une façon parmi d’autres de vivre sa spiritualité aujourd’hui consiste précisément à puiser l’inspiration divine en des lieux réputés et fréquentés de longue date pour l’énergie spirituelle qui s’en dégage. Une destination de voyage peut ainsi devenir une occasion de ressourcement pour l’âme.

Les auteures de Voyages spirituels ont sélectionné pour nous 50 itinéraires autour du monde. Temples hindous, monastères bouddhistes, cathédrales chrétiennes, lieux sacrés autochtones, sites méditatifs…, il y en a pour tous les goûts.

Chaque itinéraire détaillé s’agrémente de courts textes qui en mettent les points forts en lumière sur le plan spirituel, mais aussi historique, architectural, artistique ou géographique, le tout abondamment et richement illustré dans un format facile et agréable à consulter.

Vous y trouverez bien sûr des incontournables comme le Vatican et le Taj Mahal, de même que des pèlerinages dont la réputation n’est plus à faire, que ce soit à Sainte-Anne-de-Beaupré ou à Compostelle, mais aussi des dizaines de hauts lieux de la spiritualité dont vous n’avez sans doute jamais entendu parler, et ce, aussi bien au Québec qu’en Inde, en Europe, au Japon ou en Amérique du Sud!

Le tourisme n’est plus ce qu’il était. De plus en plus de gens recherchent des destinations de voyage hors des sentiers battus, s’offrent des vacances d’exploration en région sauvage, préfèrent participer à un projet humanitaire en pays défavorisé, ou profiter d’un décrochage scolaire ou professionnel pour découvrir les mille et un horizons spirituels de la planète. C’est dans ce contexte aux possibilités sans fin que s’inscrit Voyages spirituels, dont les itinéraires de 5 à 18 jours peuvent s’effectuer en vase clos, ou jumelés à d’autres intérêts. Libre à chacun de composer son panaché!

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Bonne chance!

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