

Certains voient le mental comme le soi, d’autres, comme un produit de leur cerveau, et d’autres encore, comme un état d’esprit ou comme le siège de nos facultés intellectuelles. Qui dit vrai?
Aucune de ces réponses. Le mental est pure matière!
Les Védas expliquent en effet que le mental est un des vingt-quatre éléments dont se compose l’énergie matérielle. Ce qui exclut d’emblée le soi, de nature fondamentalement spirituelle.
Le mental n’est pas un produit du cerveau. Le cerveau n’est que l’instrument à travers lequel le mental reçoit divers signaux provenant de différentes parties du corps, et à travers lequel il renvoie des messages au corps après avoir interprété les signaux reçus.
Le mental n’est pas non plus le siège, mais bien le véhicule de nos facultés cognitives. Ces facultés appartiennent à l’âme qui anime le corps. Le mental et l’intelligence n’en sont que les modes d’expression.
Mais encore?
Techniquement parlant, le mental est bel et bien matière, mais une forme de matière plus subtile que les sens et leurs objets. Il est plus étroitement en lien avec la conscience que ces derniers, ce qui lui permet d’appréhender le monde non pas directement à travers les sens, mais par la pensée.
Ainsi le mental agit-il comme une interface entre, d’une part, la conscience inhérente au soi, et, d’autre part, les sens et leurs objets. En d’autres mots, il joue auprès du soi – de l’âme – le rôle de connexion subjective avec le monde objectif.

Dans ce rôle, le mental, lui-même lourdement influencé par les signaux que lui envoient sans cesse les sens, exerce une forte influence sur l’être conditionné par une conception matérielle de l’existence. C’est ainsi que l’on en vient non seulement à se croire seul maître de ses actes et destiné à jouir autant que faire se peut des objets des sens, mais aussi à s’imaginer seigneur et maître de tout ce qui nous entoure. Or, le fait est que, peu importe les efforts que nous déployons, le résultat de ce que nous entreprenons et tentons d’accomplir ou d’obtenir n’est jamais garanti. Une infinité de facteurs sont en jeu dans l’ordre cosmique des choses, facteurs sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.
Par ailleurs, seule l’illusion dans laquelle l’énergie matérielle plonge une personne par l’entremise du mental peut l’amener à croire qu’elle peut tirer une satisfaction entière et durable des objets des sens, puisque ceux-ci sont matériels, donc superficiels et éphémères, alors que nous sommes de nature spirituelle et éternelle.
Quant à nous croire seigneur et maître des biens et des gens qui nous entourent, c’est pure folie! Nous n’avons aucun réel pouvoir sur les éléments ni sur les êtres. Nous ne savons qu’obéir aux dictées d’un mental dans lequel déferle une succession sans fin de désirs au contact des objets des sens.
Ce mental de matière «à réflexion» – si ce n’est à distractions, à fabulations ou à divagations – est par nature débridé, fébrile et inconstant, «plus difficile à maîtriser que le vent», dit Arjuna dans la Bhagavad-gita. Nous avons donc tout intérêt, en tant qu’hôte du corps dans lequel nous nous trouvons, à discipliner le mental par la force d’une intelligence alimentée par une juste connaissance du soi.
À bon entendeur…


