En cette ère de libre pensée, du chacun-pour-soi et du faites-le-vous-même, avons-nous encore une raison de chercher à consulter une quelconque autorité en matière de spiritualité?

Oui! Et je vais vous en donner non pas une, mais quatre! Que ça nous plaise ou non, nous devons en effet composer avec quatre handicaps qui limitent lourdement notre capacité à valider nos impressions, nos choix, nos jugements et nos décisions :

  • nos sens sont imparfaits;
  • nous sommes sujets à l’illusion;
  • nous ne pouvons éviter de commettre des erreurs;
  • nous sommes enclins à la tromperie.

« D’accord, mais tout cela n’est-il pas humain? ». Tout à fait. Et c’est bien là le problème, du moins pour quelqu’un qui cherche à se développer sur le plan « suprahumain », ou « métahumain » pour reprendre l’expression de Deepak Chopra.

Soyons honnêtes

Nos sens ne cessent de nous rappeler leurs limites et de nous jouer des tours. Nous ne pouvons manifestement pas compter sur eux pour saisir ce qui dépasse notre entendement.

Notre susceptibilité à l’illusion fait en sorte que nous prenons souvent nos rêves pour la réalité, que nous « imaginons des choses », et que nos impressions les mieux fondées entravent aisément notre aptitude à distinguer le vrai du faux.

Personne ne veut commettre d’erreurs, et pourtant… Il en découle qu’avec la meilleure volonté du monde, on ne peut en aucun cas s’appuyer sur son seul jugement pour avoir la certitude de frapper juste.

Et la tromperie. Parlons-en, de celle-là. Non seulement nous avons tendance à tromper les autres – un peu ou beaucoup, parfois ou souvent, à tort ou à raison –, mais nous sommes experts à nous tromper nous-mêmes, à rechercher la facilité, à camoufler nos torts, à nous donner des excuses…

Bref, conscient de ces faiblesses, comment peut-on prétendre éviter les écueils et les faux-fuyants d’une démarche spirituelle? Comment peut-on espérer s’y retrouver seul dans le labyrinthe des philosophies, des religions et des écoles de pensée à la mode? Comment s’imaginer qu’on peut s’inventer sa propre spiritualité et y trouver son compte?

Tout n’est pas égal

Chacun est libre de faire ce qu’il veut, quand il veut et où il veut – en remplaçant plus souvent qu’autrement tous ces « veut » par des « peut ». Mais lorsqu’il est sérieusement question de spiritualité, il ne s’agit pas d’improviser. On ne joue pas avec la vie et la mort. On ne spécule pas sur l’ici et l’au-delà. On ne se contente pas de sa petite idée sur la matière et l’antimatière. On ne fait pas semblant d’être spirituel sans comprendre ce que ça veut dire. On cherche les réponses là où elles se trouvent depuis toujours. Et on consulte des sources sûres, transcendantes à nos faiblesses.

Ne dit-on pas que c’est au fruit qu’on juge un arbre? Or, il existe trois formes de validation :

  • par expérience directe;
  • par raisonnement, ou intuition;
  • par l’approche d’une source sûre;

et les deux premières sont hypothéquées par nos fameux handicaps.

La Bhagavad-gita recommande d’ailleurs judicieusement :

« Cherche à connaître la vérité en approchant humblement
un maître spirituel authentique.
L’âme réalisée peut te révéler le savoir, car elle a vu la vérité. »

Bhagavad-gita, 4.34

La spiritualité ne s’invente pas. La spiritualité n’est pas un kit en pièces détachées et interchangeables qu’on assemble au gré de ses fantaisies. On ne choisit pas de vivre sa spiritualité comme on choisit de vivre ses loisirs. La spiritualité est notre condition première et notre essence fondamentale, l’ADN de notre ADN. Nous sommes des êtres spirituels vivant dans des corps matériels. Il ne s’agit donc pas de se fabriquer une spiritualité, mais plutôt de renouer en toute conscience avec notre spiritualité intrinsèque. Du moins pour qui veut réellement vivre sa spiritualité… aujourd’hui.

Pourquoi chercher plus loin?