S’il n’y avait que des illusions d’optique…

Cette photo prise en Suède n’a rien de truqué, elle est en tous points fidèle à la réalité de la scène; mais la présence de plusieurs soleils dans le ciel est purement illusoire. Nous les voyons de nos propres yeux, comme ces Suédois les ont vus, mais ils n’existent pas!

Ce phénomène optique communément appelé «faux soleil» porte le nom scientifique de «parhélie». Il se produit lorsque le soleil se trouve près de l’horizon et que l’atmosphère est chargée de cristaux de glace. En tombant des nuages, ces derniers forment un réseau de prismes qui reflètent et réfractent la lumière du soleil, faisant ainsi apparaître de faux soleils de part et d’autre du vrai soleil.

Le Bhagavat Purana rapporte un échange entre les Védas personnifiés et les philosophes de l’école du mimamsa sur l’illusion et la réalité. Selon les adeptes de cette école de pensée, il n’existe aucune réalité en dehors du monde connu et de la perception que nous en donnent nos sens et nos moyens d’analyse. Selon eux, l’existence de l’univers ne dépend d’aucun facteur d’ordre surnaturel; il n’a en soi ni commencement ni fin, et le cycle karmique des actions et de leurs réactions est perpétuel, n’offrant aucune possibilité d’accès à une dimension susceptible de transcender la matière.

Voir 6 écoles de philosophie védiques.
Voir Un philosophe peut en cacher un autre.

Les Védas leur opposent toutefois une vision plus nuancée et plus complète de la réalité. Ils donnent, entre autres, l’exemple d’une personne qui, voyant une corde enroulée au sol dans la pénombre est soudain prise de peur, croyant qu’il s’agit d’un serpent. La corde est bien réelle, mais l’image qu’elle fait naître est illusoire, même si la réaction qu’elle provoque est tout aussi réelle que la corde elle-même. La peur de l’observateur ne vient pas de la corde, mais de l’image qu’il s’en fait; elle vient de son ignorance de la réalité, soit de la véritable nature du serpent qu’il croit voir.

De même, l’univers en soi est bien réel, mais la perception selon laquelle il représente la totalité du réel est illusoire. En y regardant de plus près, l’observateur apeuré finit par comprendre que ce qu’il croit être un serpent est en fait une corde. Et un examen attentif de la structure même de la matière a tôt fait de révéler qu’elle est en constante transformation, que toutes les formes qu’elle emprunte sont transitoires, et que la perception qu’elle puisse être permanente est illusoire.

Prismes et projections

Les Védas expliquent en outre que les manifestations transitoires de la matière sont en fait autant de reflets de la réalité transcendante et permanente d’où procède l’infinie variété de réalités éphémères. Et que ces reflets sont savamment agencés sous l’effet des désirs des êtres conditionnés par une conception matérielle de l’existence. Conception qui les fait s’identifier à leur corps temporaire au point d’y vivre comme s’il n’allait jamais s’éteindre, alors que contrairement à eux qui sont éternels, tous les corps qu’ils revêtent naissent et meurent.

À l’image des faux soleils n’existant que par les prismes qui reflètent la réalité du vrai soleil, ou encore du faux serpent extrapolé de la réalité de la corde, les innombrables facettes de la nature matérielle et les corps animés qui y évoluent ne sont qu’autant de projections de l’énergie vivante qui les anime.

L’illusion selon laquelle l’univers connu est la seule réalité qui existe se transmet de génération en génération par des philosophes et des matérialistes qui ignorent tout de la réalité transcendante dont dépend la réalité visible. Or, les Védas recommandent de ne pas céder aveuglément à la fascination que peut exercer cette illusion.

C’est pourquoi le tout premier verset du Védanta-soutra – qui marque l’aboutissement de toutes les approches philosophiques de la réalité et de l’Absolu – nous enjoint de nous enquérir du Brahman, de la réalité suprême qui englobe toutes les réalités secondaires. Le Brahman constitue d’ailleurs l’un des cinq grands thèmes de la Bhagavad-gita, le classique le plus connu et le plus accessible de la littérature védique, de sorte que nous pouvons l’étudier à loisir pour mieux distinguer l’illusion de la réalité.

Le langage des mains

Je ne parle pas de la langue des signes, mais de la chirologie, une science védique méconnue, quoique très utile.

Les fondements de la chirologie se trouvent dans le Samudrika Véda, qui fait lui-même partie des Upavédas, consacrés aux différentes sciences complémentaires aux volets rituels, philosophiques et spirituels des Védas. Son étude s’effectue souvent parallèlement à celle des traits du visage et de l’ensemble des caractéristiques morphologique de l’humain.

Qui dit lignes de la main pense spontanément à ces voyantes prêtes à vous révéler votre avenir moyennant quelques deniers. C’est ce qu’on appelle la chiromancie, un art divinatoire pratiqué depuis des siècles en réponse à la curiosité des gens en mal d’amour, de richesses ou de succès.

La chirologie est cependant d’un tout autre ordre, en ce qu’elle s’intéresse plutôt à la connaissance de soi et au développement personnel. Elle repose sur une étude détaillée des mains prenant en compte, non seulement leur largeur, leur couleur, leur consistance et leur texture, mais aussi les zones saillantes des paumes, les lignes qui les sillonnent et les signes qui s’y dessinent, de même que la forme et la longueur des doigts, sans oublier les ongles.

Ces différentes caractéristiques sont toutes indicatrices de traits de personnalité et de dispositions particulières chez un individu. Et contrairement aux empreintes digitales, certaines d’entre elles changent avec le temps, parfois même en l’espace de quelques mois, au gré de nos expériences de vie.

Mais encore?

La main avec laquelle on écrit est tenue pour dominante; elle représente notamment le conscient, le présent, les acquis et le potentiel d’évolution. L’autre main représente quant à elle l’inconscient, le passé, l’inné, le bagage génétique ainsi que les attitudes et les comportements ancrés.

En comparant les deux mains, le chirologue est à même d’évaluer l’état de santé physique, émotionnel, intellectuel et spirituel du sujet, les gains réalisés dans son évolution, de même que les facteurs inconscients qui freinent son développement et les prises de conscience à intégrer plus profondément.

Les indications fournies par les différentes caractéristiques de nos mains peuvent entre autres s’avérer précieuses pour déceler ou prévenir des problèmes de santé, envisager les meilleurs moyens de faire face à une situation particulière, ou adopter l’approche la plus favorable à la réussite d’un projet ou d’une entreprise.

En bas comme en haut

Le mythique Hermès Trismégiste aurait dit: «Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut.» Eh bien – autre fait méconnu –, il se trouve que différentes parties de la main sont associées aux planètes et aux étoiles, et présentent une correspondance étroite avec le thème astral d’une personne.

Aussi la chirologie védique est-elle souvent utilisée de concert avec l’astrologie védique. En l’absence de coordonnées de naissance précises, un astrologue peut même recourir à la chirologie pour confirmer certaines données, voire, dans certains cas, reconstituer la carte du ciel d’une personne!

Au même titre que l’astrologie védique – et au contraire de la chiromancie –, la chirologie fait appel au libre arbitre. Tout au long de notre vie, nos priorités changent, nos relations évoluent et nos expériences nous transforment, et ces changements se reflètent dans nos mains, tout comme nos pensées, nos émotions, nos attitudes, nos schémas de comportement, nos forces et nos faiblesses. Le portrait qui s’en dégage à différents moments permet au chirologue d’orienter les réflexions et les décisions de la personne qui le consulte pour lui permettre d’emprunter la voie la plus favorable à son épanouissement et à sa pleine réalisation.

Retour à l’anormal?

Je ne m’attendais vraiment pas à vous reparler d’astrologie si tôt, mais j’ai reçu ces derniers jours des communications faisant état d’observations pertinentes à la situation mondiale actuelle. Comme tout le monde s’interroge naturellement sur la tournure des événements à venir, j’ai jugé à propos de soumettre à votre réflexion les grandes lignes de ce que les astres nous réservent selon l’astrologie védique.

En guise de rappel, les configurations planétaires ne décrivent pas les événements à venir, mais plutôt le climat dans lequel ils vont survenir. Elles n’ont d’ailleurs pas le même impact d’une personne à l’autre ou d’une nation à l’autre, les unes comme les autres ayant chacune leur identité et leur autonomie propres.

C’est ce qui fait que les réactions varient grandement face à une situation donnée. Nous en avons d’ailleurs l’exemple avec la pandémie actuelle, un phénomène d’envergure mondiale sans précédent. Certains pays ont opté pour des mesures de dépistage ou de confinement radicales, alors que d’autres ont préféré une approche beaucoup plus permissive. Ne serait-ce qu’à l’échelle du Canada, les mesures mises de l’avant aux niveaux fédéral, provincial et municipal ont sensiblement varié. Et sur le plan individuel, certaines personnes prennent la chose au sérieux et respectent les consignes, alors que d’autres non – même situation, mêmes influences planétaires, impact variable.

C’est également ce qui fait que certains souhaitent ardemment un retour rapide à «la normale», c’est-à-dire à leurs activités personnelles, familiales, professionnelles et sociales d’avant le Grand Confinement. Alors que d’autres souhaitent tout aussi ardemment une prise de conscience collective favorisant une répartition plus équitable des richesses, un plus grand respect de l’environnement et un aplanissement de la courbe des inégalités sociales. Et que d’autres encore remettent tout à coup en question la «normalité» de la surconsommation, de la croissance à tout prix ou du tourisme tous azimuts, et songent désormais à modifier certaines de leurs habitudes.

Seul l’avenir nous dira qui fera quoi, ainsi que l’ampleur des changements auxquels nous participerons ou assisterons. Mais pour l’heure, voici le résumé des observations qui m’ont été transmises.

Du 15 mai à la fin juin

Saturne et Jupiter rétrogrades en Capricorne, et Vénus rétrograde en Taureau.

Période favorable à l’assouplissement des contraintes et des tensions. Ces trois planètes rétrogrades marquent une pause, un temps d’arrêt, un répit donnant l’impression que la situation s’améliore, que les choses reprennent graduellement leurs cours.

Du 30 juin à la fin septembre et au-delà

Jupiter ayant repris son élan, il rejoint le signe du Sagittaire, dont il est maître, et finit par en chasser une entrave de plus, à savoir le nœud lunaire descendant.

L’impression de soulagement et de mieux-être s’accentue. On a d’ailleurs davantage tendance à en profiter qu’à caresser des solutions à long terme aux problèmes qui rongent la société depuis longtemps déjà, et dont la pandémie ne semble être qu’une exacerbation passagère, un abcès à crever au plus tôt.

Cette période, nous disent les astrologues védiques, devrait toutefois plutôt en être une de réflexion profonde, de remise en question des erreurs et des abus du passé, et de préparation active à un avenir meilleur grâce à une plus grande autosuffisance, à un mode de vie plus sain et à une gestion plus responsable de nos priorités. Un moment tout indiqué pour transformer les anciennes façons de faire. Car les plaies ouvertes par la pandémie sont loin d’être pansées, et l’accalmie ne sera apparemment que de courte durée.

Du 10 février 2021 au 29 mars 2025

À la veille de la nouvelle lune, le Soleil, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne et la Lune se trouvent tous réunis en Capricorne, coincés entre les deux nœuds lunaires, dont l’un frappé par un aspect de Mars.

Cet événement rare et très peu propice marque un important tournant, un changement d’époque susceptible d’entraîner un durcissement des politiques gouvernementales. Juste retour de balancier après des années de complaisance? Reprise ou aggravation de la pandémie et de ses ramifications tentaculaires? Détérioration des relations internationales sur fond de conflits d’intérêts irréconciliables? Tout est possible sous cette mauvaise étoile. Ce qui semble sûr, c’est que les citoyens devront composer avec des pressions grandissantes de la part des grandes puissances et de leurs propres dirigeants.

Jusqu’à l’éclipse solaire du 29 mars 2025, l’influence de Saturne continuera de peser lourdement sur Jupiter et de créer des conditions pénibles pour de vastes pans de population. Au lendemain de cette éclipse, Saturne entamera une période de sept ans au cours de laquelle il fera trois entrées et sorties du Bélier, son signe de débilitation – un phénomène qui n’est pas survenu depuis des milliers d’années! Et pendant ce temps, Jupiter voyagera à travers sept signes du zodiaque, entrant et sortant lui-même de chacun à trois reprises! Du jamais vu!

Tout converge vers un ajustement majeur de l’horloge universelle. Et un bouleversement de cette ampleur risque de semer le chaos à bien des égards. Jusqu’en 2025, il semble que les gouvernements continueront tant bien que mal de tenir les rênes et de contrôler la situation, mais il se pourrait fort que les défis deviennent ensuite de plus en plus difficiles à relever et que rien ne soit plus jamais comme avant.

Ça va bien aller

Ne soyons pas dupes. Nous savons depuis longtemps que l’environnement se détériore à vitesse grand V, que les espèces disparaissent par milliers, que des conflits armés font rage partout dans le monde, qu’il y a maintenant plus de réfugiés que les pays mieux nantis ne peuvent en accueillir… Et nous voilà avec une pandémie sur les bras qui immobilise la planète entière en moins de temps qu’il ne faut pour dire Aïe!

Tout indique qu’il y a effectivement des années difficiles devant nous, et ce ne sont pas que les astrologues qui le disent. Mais ce n’est pas une raison pour se décourager, et encore moins pour baisser les bras. Pour que tout aille bien, il faut d’abord et avant tout revoir ses priorités personnelles, et prendre les moyens de ses ambitions. L’effet des événements sur nous ne dépend pas des événements en soi, mais de la façon dont nous les abordons, et mieux nous nous y préparons, mieux nous sommes en mesure de les aborder positivement.

Revenir à l’essentiel, ce n’est pas seulement être un peu plus écolo, consommer un peu moins ou réduire ses voyages en avion. C’est essentiellement questionner le sens de la vie et entreprendre activement de se réaliser, non seulement sur le plan matériel, mais aussi sur le plan spirituel. La paix intérieure finira alors par trouver sa place et, oui, ça ira bien, même dans l’adversité et les plus grandes épreuves.

Si vous vous demandez encore quel serait le meilleur moment pour vivre votre spiritualité, j’aurais tendance à dire… maintenant!

C’est écrit dans le ciel

La clarté du message varie cependant selon la compétence à décoder le langage des astres!

Rois et autres dirigeants des temps védiques consultaient régulièrement leurs astrologues. Pour tout dire, ils n’entreprenaient rien d’important sans d’abord déterminer le moment offrant les meilleures conditions possibles, que ce soit en matière de politique, de gouvernance, de justice, d’économie ou de défense nationale. Naïfs et crédules? Pas le moins du monde. Ils ne s’entouraient que de savants praticiens dont les calculs et les observations étaient gages de résultats probants.

Contrairement à l’astrologie populaire largement répandue en Occident, la science des astres présentée dans les textes védiques connus sous le nom de Jyoti-shastras s’appuie strictement sur des données astronomiques et offre un niveau de précision sans égal.

L’astrologie védique repose en effet sur le zodiaque sidéral, rigoureusement aligné sur les constellations d’étoiles fixes, tandis que l’astrologie moderne repose sur le zodiaque tropical, dont l’origine – le degré zéro du Bélier – est définie en fonction du point vernal, qui correspond à l’équinoxe de printemps. Le phénomène astronomique de la précession des équinoxes a cependant pour effet de déplacer le point vernal année après année, si bien que le premier jour du printemps ne correspond plus depuis très longtemps au début du signe du Bélier. Inutile de dire que cela fausse la position des planètes dans les signes et les maisons astrologiques, et que les interprétations qui en résultent manquent inévitablement de rigueur quand elles ne sont pas totalement erronées!

Une science méconnue

L’astrologie est aujourd’hui largement considérée comme un art divinatoire, mais l’astrologie védique – qui compte encore des experts un peu partout dans le monde – ne sert absolument pas à prédire l’avenir. Elle sert plutôt à cerner les forces et les influences en présence en un temps et en un lieu précis, et fournit dès lors de précieux renseignements sur la façon d’aborder nombre de situations particulières et d’exercer au mieux son libre arbitre.

Nous connaissons tous l’effet du soleil sur la santé et l’humeur des gens, de même que celui de la lune sur les marées et la croissance des végétaux. Mais l’influence des astres sur nos vies et sur l’ensemble de la planète s’étend bien au-delà, et la lecture de leurs messages exige des connaissances spécifiques et très pointues.

L’astrologue est en quelque sorte à l’astronome ce que le médecin est à l’anatomiste. Tandis que ce dernier étudie la structure, la composition, le développement et le fonctionnement des tissus et des organes des corps vivants, le médecin est formé à interpréter les données anatomiques pour en dégager des diagnostics et des pistes de traitement. De même, l’astrologue védique est formé à interpréter les données astronomiques et les interactions entre les corps célestes pour en dégager des schémas d’influence d’ordre aussi bien physique que psychologique, social ou environnemental.

Applications pratiques

La carte du ciel d’une personne au moment et à l’endroit précis de sa naissance fournit une foule d’informations sur sa constitution physique, son caractère, sa vie sociale et affective, ses relations familiales, son rapport à l’argent, ses débouchés professionnels, et j’en passe. Parents et éducateurs peuvent avantageusement utiliser ces renseignements pour aider l’enfant à exploiter ses forces et à pallier ses faiblesses, de même que pour orienter ses études et son choix de carrière.

Mais l’intérêt et l’utilité de l’astrologie védique ne s’arrêtent pas là. Elle trouve en effet des applications courantes en affaires, en médecine et en psychologie. Chaque domaine d’application nécessite une spécialisation particulière, et l’étude, entre autres, des transits et des courants d’influence planétaires sur un thème astral donné permet de déceler des tendances révélatrices et de déterminer les moments favorables ou non à différentes prises de décisions de même qu’à la mise en œuvre de divers projets.

Vous songez à vous lancer en affaires? Vous traversez une période où rien ne semble vous réussir? Vos relations ne sont pas à la hauteur de vos attentes? Vous aimeriez simplement mieux vous connaître, mieux comprendre certains de vos comportements et mieux gérer vos émotions? Un bon astrologue védique pourrait sans doute vous être d’un grand secours, au même titre qu’un bon médecin, qu’un bon comptable ou qu’un bon coach. On n’a jamais trop d’alliés! Sans compter qu’une meilleure connaissance de soi favorise un développement harmonieux sur le plan non seulement matériel, mais aussi spirituel.

Conscience et neurosciences

Le Dr Eben Alexander, neurochirurgien de renom et professeur émérite aux écoles de médecine des universités Harvard, Duke et du Massachusetts, découvre bien malgré lui que ce qu’il croit et enseigne depuis 20 ans à propos de la conscience est complètement faux!

En 2008, le Dr Alexander est subitement atteint d’une affection rarissime qui le plonge dans un profond coma. Déclaré en état de mort cérébrale, il perd tout contact avec la réalité physique de son corps et de son environnement. Les médecins maintiennent artificiellement ses fonctions organiques pendant sept jours, au terme desquels, sans espoir de le sauver, ils s’apprêtent à le débrancher. Mais contre toute attente, il ouvre soudain les yeux et revient à la vie!

Scientifique pur et dur, ce praticien issu d’une famille de médecins et formé dans les grandes facultés avait toujours soutenu la thèse selon laquelle le cerveau est la source et le siège de la conscience et de l’identité profonde de tout être humain. Mais son séjour hors de son corps alors que son cerveau était complètement éteint lui a permis de vivre une expérience qu’il n’aurait jamais imaginée, et qu’il a par la suite décrite en détail dans un livre intitulé La preuve du Paradis – Voyage d’un neurochirurgien dans l’après-vie…, paru en 2013 aux éditions Trédaniel (titre original : Proof of Heaven: A Neurosurgeon’s Journey into the Afterlife).

Ce qui l’a complètement bouleversé à son retour « sur terre », c’est que pendant sept jours et sept nuits, il avait évolué dans une autre dimension, hors du temps et de l’espace, sans le moindre souvenir de son corps ou de sa vie familiale, professionnelle et sociale. Bref, il n’avait eu connaissance d’aucune réalité antérieure à celle dans laquelle il s’était trouvé plongé pendant toute la durée de son coma. C’est alors qu’il a réalisé qu’à l’encontre de ce qu’on lui avait appris et de ce qu’il avait lui-même enseigné, la conscience est indépendante du cerveau. Elle ne naît pas du cerveau, elle ne réside pas dans le cerveau, et elle continue d’exister même lorsque le cerveau ne fonctionne plus.

Vraiment?

Des voix se sont naturellement élevées pour discréditer l’homme et l’accuser de s’opposer aux canons de la science en invoquant une expérience impossible à vérifier. Peut-être, après tout, n’était-il pas vraiment dans le coma? Peut-être son cerveau n’était-il pas complètement éteint? Peut-être sa maladie avait-elle provoqué en lui un improbable élan mystique ayant eu pour effet de le priver de tout jugement critique? Les médecins qui l’ont traité ont toutefois clairement établi qu’aucune de ces hypothèses n’était recevable.

Quoi qu’il en soit, l’expérience qu’il relate, si unique et extraordinaire soit-elle, présente une indéniable parenté avec l’expérience de mort imminente (EMI) de milliers d’autres personnes de tous âges, de toutes nationalités, de toutes les couches de la société, et aussi bien athées que croyantes, dont le témoignage a été étudié, analysé et documenté depuis maintenant un demi-siècle.

Rendons à César…

Les Védas enseignent depuis toujours que la conscience – l’expression du moi intime de chaque être – est le propre de l’âme, qui est de nature spirituelle, alors que le corps à travers lequel elle s’exprime est de nature matérielle. L’être en soi et la conscience qui en émane demeurent entièrement distincts du corps physique. Le corps dépend de l’énergie que lui insuffle l’âme pour sa survie, mais l’âme ne dépend en rien du corps qu’elle emprunte et auquel elle survit lorsqu’il devient inutilisable.

La science n’obéit toutefois qu’à ses propres règles, et ne souscrit qu’à ce qu’elle peut observer et mesurer. Elle affirme que seule la rigueur de ses méthodes permet de cerner la réalité, et prétend ainsi détenir le monopole de la connaissance. Elle n’a donc d’autre choix que de nier tout ce qui déborde de son cadre de référence, sinon de promettre qu’elle trouvera bientôt une explication logique à tous ces phénomènes soi-disant inexplicables, paranormaux ou spirituels qui échappent encore à ses techniques d’analyse.

Tout comme les scientifiques, le commun des mortels est fasciné par l’inconnu. Et tout comme les scientifiques, il cherche des réponses à ses questions, des plus banales aux plus profondément existentielles. Mais la science n’a pas toutes les réponses, et tant que son champ d’étude se limitera au plan physique, elle restera inapte à appréhender le mystère de la vie et les dimensions transcendantes de la réalité.

Sachons donc reconnaître l’apport inestimable de la science moderne dans une foule de domaines, mais aussi admettre, comme le Dr Alexander, que la réalité dépasse à maints égards la perception que nous en avons et l’étude que nous pouvons en faire avec les outils matériels dont nous disposons.

Le monde est petit

Ou devrais-je plutôt dire qu’on n’invente rien? Que l’histoire se répète? Que les mots et les idées se font mystérieusement écho dans le temps et dans l’espace?

Dans Vivre ma spiritualité aujourd’hui, j’ai écrit :
« Ce qu’il est convenu d’appeler l’âme est le véritable siège de l’identité, de la conscience et de la vie. Même si aucun microscope n’est assez puissant pour nous donner de voir l’étincelle spirituelle en chacun de nous, nous pouvons à tout le moins comprendre que ce n’est pas un paquet d’os, de muscles, de neurones et d’organes parcourus de vaisseaux sanguins et d’impulsions chimiques ou électriques qui nous définit en tant que personne.

« Nous ne pouvons pas voir le vent, mais nous savons qu’il existe par les effets qu’il produit. Impossible également de voir le sel dans l’eau de mer, mais sa présence devient manifeste dès qu’on goûte cette eau. Personne n’a jamais non plus vu un atome à proprement parler, et pourtant, les modèles atomiques et quantiques sont généralement reconnus et invoqués pour expliquer le comportement de la matière.

« De même, l’âme échappe peut-être à nos facultés perceptuelles limitées, mais nous pouvons aisément déceler sa présence ou son absence dans un corps selon qu’il est en vie ou non. Bref, l’âme s’impose comme l’axiome de la vie. »

Et la conclusion naturelle de ma démonstration s’est aussitôt imposée à mon esprit :

« Nous ne sommes pas des êtres humains en quête d’une expérience spirituelle,
mais bien des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »

Heureux d’avoir pu résumer en une phrase ce principe fondamental, j’en ai même fait la citation d’ouverture de la page d’accueil de mon site!

Deux ans plus tard, en parcourant les travaux de Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) – jésuite, chercheur, paléontologue, théologien et philosophe de renom –, quelle ne fut donc pas ma surprise de découvrir qu’une de ses citations les plus célèbres est :

« Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle,
mais des êtres spirituels vivant une expérience humaine. »

Je n’en croyais pas mes yeux! Mais je n’ai pas un instant pensé : « Les grands esprits se rencontrent. » Je me suis au contraire senti bien peu de chose. J’ai conscience de n’être qu’un instrument dans la main du Destin, et je ne peux que m’émerveiller de ce que ces mêmes paroles m’aient été inspirées plus d’un demi-siècle après le passage sur terre de cette sommité. Qui sait? Peut-être même quelqu’un d’autre avant lui avait-il déjà prononcé ces mêmes mots? Après tout, comme l’a si bien dit André Gide :

« Toutes choses sont dites déjà; mais comme personne n’écoute,
il faut toujours recommencer. »